Taxi Driver

Lors de votre arrivée en territoire inconnu, l’une des premières choses que vous ne manquerez pas de remarquer est la façon dont les gens conduisent.

Une règle universelle semble s’appliquer partout : plus on va au Sud, plus c’est le bazar (la notion de Sud étant une variable floue changeant avec votre origine. Avec l’exemple de la France, si vous habitez à Lille, le Sud commence quelque part vers Roubaix. Si vous habitez à Nice, le Nord débute probablement vers Valence). Mais on voit que selon cette logique, pour un français, la Turquie est un pays du Sud – peut importe qu’il puisse y neiger l’hiver. D’ailleurs soyez sympa, si vous habitez à Istanbul, prévenez vos copains innocents : s’ils viennent au mois de mars, inutile d’amener des tongs.

Mais je digresse. La conduite en Turquie est donc, à l’instar d’autres contrées du pourtour Méditerranéen, complètement folle. Apres avoir vécu aux Etats-Unis, où les seules décisions que j’avais à prendre au volant étaient 1) tourner à gauche à angle droit, 2) tourner à droite à angle droit 3 ) siroter mon café latte, l’arrivée à Istanbul a été un choc. J’ai vite senti que la conduite terrifiait mes compatriotes. J’ai donc commencé à conduire avec une – très légère – appréhension. Mais si je n’avais pas osé, je me serais privée d’une expérience tellement enrichissante…

Pour vous immerger parfaitement dans l’expérience, laissez-moi vous décrire cette scène quotidienne : vous êtes engagée dans le trafic. Un taxi vous double par la gauche, et se rabat sur vous en essayant d’éviter une voiture garée en double file, tandis que dans la voie d’en face, un véhicule recule en sens inverse du trafic car il a loupé la sortie précédente. Ce qui a pour effet de créer une troisième voie de circulation parfaitement virtuelle dans laquelle s’engouffrent des voitures allant dans les deux sens. Un piéton se présente sur la chaussée, prêt à risquer sa vie pour traverser, et vous seriez prête à lui céder le passage si vous ne saviez pas en votre fort intérieur que si vous lui faites cette faveur, quelqu’un d’autre se chargera de l’écraser. Vous arrivez enfin à un feu rouge où vous pouvez souffler, mais vous tenez aux aguets afin de redémarrer au millième de seconde auquel le feu passera au vert – afin de pouvoir doubler tous les taxis qui sont venus s’aligner près de vous en triple file au lieu de faire la queue comme tout le monde, créant par la même occasion un bouchon.

Mais au moins, dans cette situation, vous restez maitre à bord. Quand vous prenez un taxi par contre, il faut vous en remettre au conducteur, et là, il y a deux techniques d’approche : céder à la panique, ou lâcher prise.

Taxi Driver 1Taxi Driver 2Taxi Driver 3

Publicités

Une réflexion sur “Taxi Driver

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s