On reste les mêmes ?

La France me manque, aujourd’hui. En fait, elle me manque souvent, mais là, cette semaine a été dure. On voudrait être là-bas au pays, pouvoir voir ses proches, parler de ce qu’on ressent, retrouver les coins familiers de Paris. Les terrasses de café, les gens emmitouflés dans les écharpes, les ponts sur la Seine, les feuilles d’automne dans les allées, la ville en dégradés de tons gris-bleus, les vitrines de pâtisseries… Quand je rentre, fromages et viennoiseries n’ont qu’à bien se tenir.

Je suis partie de France il y a dix ans, et bien sûr, comme j’ai une mémoire sélective, je garde de mon pays une image de carte postale. Je pars en vacances dans mon propre pays comme d’autres s’en vont faire un trip au Brésil (d’ailleurs, lorsque je vivais aux USA et était nourrie uniquement de produits aseptisés, j’étais carrément menacée de tourista par l’ingestion de camembert au lait cru). Etrangement, ma perception de Paris changeait avec mes référentiels… la ville ne m’a jamais parue plus sûre que lorsque j’habitais au Mexique et prenais des bus déglingués conduit par des gamins de 14 ans, et moins sûre qu’après 2 ans en Californie, où je laissais la porte de la maison ouverte (ok, mes voisins avait chez eux un arsenal d’armes capable de faire sauter le quartier. Mais ils ne s’en sont jamais servi que pour fabriquer des pétards pour le 4 Juillet. Heureusement, on ne s’est jamais disputés).

J’ai perdu l’habitude de me déplacer dans la foule à force de vivre en voiture, alors que j’étais capable de me frayer un passage sur un quai de RER un jour de grève à l’heure de pointe sans finir étouffée. La joie éprouvée en dégustant un sandwich jambon/fromage sur une aire d’autoroute française m’a révélé la souffrance de mes papilles gustatives entretenues au jambon de dinde insipide de Subway.

Et puis au fil des années je me suis aussi habituée à un certain confort : je suis passée d’une colloc à Lyon à un appart mexicain sur le toit duquel il fallait monter pour allumer le chauffe-eau, d’un condo d’Arizona à une petite maison californienne (petite selon les standards américains. Ce qui veut dire qu’un appartement parisien aurait tenu dans le salon). Et pour finir, le grand luxe, à Istanbul, avec notre premier « vrai » contrat d’expat ! Alors, même si je n’ai pas l’impression d’avoir changé, il faut bien l’admettre, je ne pars plus en vacances en camping…

Roots 1

Roots 2

Publicités

Une réflexion sur “On reste les mêmes ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s