Au pays imaginaire

Après toutes ces années loin de mon pays, je commence à le voir à travers le prisme de mes souvenirs et des vacances que j’y passe. Je n’y travaille jamais, n’y paie pas mes factures ni n’y sors mes poubelles. Au contraire, la France est pour moi le lieu des bons moments, des retrouvailles entre amis et des virées de shopping à Paris – moment de lâchage oblige lorsque je passe par la capitale.

Je me rends compte que je suis expat’ depuis longtemps quand on me parle de stars et d’émissions de télé françaises que je ne connais pas (quelle angoisse sociale lorsqu’on ne sait pas qui est le dernier gagnant de la Nouvelle Star ! Christophe Willem qui ? C’est presque aussi embarrassant que de savoir qui c’est). Ou quand je me surprends à hausser les sourcils quand j’entends quelqu’un se plaindre de la Sécu ou du système scolaire (une impulsion difficile à réfréner me pousse à répliquer : et les consults à 150 dollars chez le généraliste aux USA, tu connais ?). Un décalage flagrant s’est installé peu à peu entre l’image que je me fais de ma mère patrie et la réalité.

Bref, la France, j’idéalise un peu.

Mais ce qui est drôle, c’est que mes filles, qui n’y sont pourtant pas nées, l’idéalisent aussi ! J’ai trouvé ça étrange, et puis j’ai compris : la France, pour elles c’est l’Eldorado ! Quand elles y vont, c’est pendant les vacances. Il n’y a pas d’école, elles sont logées chez leurs grands-parents dont le degré de permissivité est inversement proportionnel au mien, peuvent faire la teuf avec les cousins tard le soir, sont (juste très très modérément) gâtées, au rythme environ d’un jouet acheté par regard suppliant égaré sur le dit jouet. Elles sont reçues comme des princesses et portent auprès de leurs petits amis français l’aura de celles qui viennent de terre étrangères – elles peuvent même faire semblant de parler turc car, comme personne ne comprend rien, il n’y a personne pour les contredire.

Alors évidemment, elles me demandent quand on rentre y vivre alors que le concept de retour ne s’applique que quand on y a déjà vécu !

France vue d'enfant entete

C’est la dernière ligne droite pour ma campagne de crowdfunding ! Si vous voulez soutenir mon travail et recevoir l’album sur la Vie d’Expat, plein d’inédits, en premier à sa sortie en novembre, vous pouvez le pré-acheter à partir de 20 euros, sur le site de l’éditeur Sandawe. Ca dure jusqu’à samedi prochain. Merci d’avance et bonne lecture !

 

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2 réflexions sur “Au pays imaginaire

  1. Je me retrouve Carrement Caro dans l’image -biaisee- que nous nous faisons (ainsi que nos enfants) de notre mere patrie. Mes stroumpfs peuvent meme se vanter de vivre dans un bas a sable geant! T’imagine la tete des p’tits francais:)) Grosses bises! Claire

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