Trafik varmı ? Trafik var !

Vous est-il déjà arrivé de jurer que jamais vous ne vivriez dans une grande agglomération à cause des embouteillages ? Moi oui. Mais ça, c’était avant de me retrouver à Istanbul. Un nombre d’habitants situé autour de 18 millions, et des routes prévues pour environ la moitié de cette population, cela donne un résultat assez… encombré. Ajoutez dans l’équation un style de conduite local pour le moins chaotique, et vous obtenez les pires bouchons que vous avez jamais vus de votre vie (Istanbul est classée parmi les trois pires villes européennes en termes de difficulté du trafic, avec Moscou. Notez que là, ça ne dérange pas trop l’Europe d’intégrer ces villes dans son référentiel. Je suppose que ça permet de voir les capitales européennes sous un meilleur jour, donc que les frontières si bien définies de notre communauté peuvent être légèrement redessinées le temps d’un classement).

Les distances à Istanbul ne se mesurent pas en kilomètres. Elles se mesurent en temps. Car bien que l’école de votre enfant se situe à trois bornes, selon les heures de la journée (et même sans raison aucune, car il est absolument impossible de prédire si une route va être praticable un matin car elle l’était à la même heure la veille, des embouteillages se formant spontanément à n’importe quel moment sans explication apparente), vous pouvez aussi bien avoir besoin de dix minutes que deux heures pour y parvenir. C’est d’ailleurs peut-être une visite d’Istanbul qui a inspiré à Einstein sa théorie de la relativité : ici le temps à la capacité de se dilater (quand vous êtes prise dans un monstrueux bouchon et roulez si lentement qu’il vaudrait mieux abandonner votre voiture et finir à pied), que de se contracter (quand vous vous rendez compte qu’il vous a fallu 6 heures pour accomplir une visite chez le médecin et que la journée est déjà finie).

Du coup, il vous semble que l’état du trafic régente votre vie. La perspective d’affronter un bouchon est tellement effrayante – passer trois heures bloquée dans votre voiture avec vos enfants déchaînés sur les sièges arrières a suffi à vous traumatiser et on ne vous y reprendra pas deux fois – qu’avant de sortir, vous vérifiez systématiquement Yandex ou Google Maps. Vous ne dites plus « Je ne peux pas, je suis malade » ou « Je ne peux pas, il pleut à verse » mais bien « C’est pas possible, il y a trop de trafic ». Istanbul est une ville où on ne peut pas prévoir de faire plusieurs choses dans la journée. Il vaut mieux se limiter à un rendez-vous par jour. Fini le temps ou vous alliez récupérer les enfants après le boulot, avant d’aller faire les courses pour terminer la soirée avec un cours de gym !

C’est un problème très difficile à expliquer aux gens qui ne vivent pas là. Etant expat, vous êtes sensée avoir du temps. Personne ne comprend pourquoi vous avez tant l’impression de courir partout, vous qu’on imagine au hammam à siroter du thé toute la journée !

10 Traffic

11 Traffic

Publicités

Une réflexion sur “Trafik varmı ? Trafik var !

  1. Chez nous aussi c’est l’enfer. Et c’est fou comme le traffic se reduit des que c’est les vacances scolaires. (un driver par enfant local…ca en fait du 4×4 qui encombre les routes) Et je ne sais pas chez vous, mais pendant Ramadan, il faut absolument eviter l’heure avant Iftar. Mais par contre des que le muezzin chante Maghrib, on se precipite dans la voiture pour aller faire les courses au supermarche: routes desertes et rayons que pour soi. Le pied.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s