La vie imaginaire des femmes expats désorientées

Depuis que vous vous êtes expatriée, vous êtes devenue un être à part pour votre entourage resté au pays. L’annonce de votre départ a, à l’époque, provoqué une petite onde de choc : cette sortie des rails jusqu’alors bien droits de votre parcours a pu susciter de l’angoisse chez vos parents qui se demandent toujours ce que vous allez faire de votre vie, de l’incompréhension chez vos potes, de l’envie aussi alors que vous partiez vers des destinations exotiques, appart en main et billets d’avion payés à gogo.

Si vous êtes un vrai spécimen de femme expat (les courageuses qui partent toutes seules bosser à l’étranger et s’y installent après avoir rencontré l’âme sœur localement bénéficient d’une aura toute différente d’aventurière, même si elles ne sont parfois pas plus comprises), bref, si vous avez du démissionner pour suivre votre homme, et vous retrouvez déchirée entre l’envie de profiter des avantages de votre nouveau statut, et celle de crier au monde que s’expatrier n’est pas tous les jours aussi facile qu’on pourrait se l’imaginer, rassurez-vous, vous n’êtes pas seule !

Car oui, vous avez l’impression qu’on vous imagine toujours affalée au bord de la piscine entre deux voyages, une margarita à la main, pendant que la bonne s’occupe des enfants et que votre mari élabore des stratégies d’évasion fiscale afin de mettre à l’abri sa fortune et son patrimoine immobilier – les économies réalisées vous permettant d’aller faire du shopping chez Chanel et de manger tous les jours au restaurant sans aucun complexe.

On se demande quand vous allez enfin vous remettre au boulot – ces phases d’expatriation n’auront qu’un temps, et telle la cigale de la Fontaine, il vous faudra bien revenir au pays danser comme les autres – et redevenir une femme active (notez qu’on ne parle jamais « d’homme actif » d’ailleurs, le masculin de cette expression n’existe pas, sûrement car un homme est toujours actif, contrairement à la femme, et qu’il est par conséquent inutile dans son cas de préciser son statut. Alors que pour une nana, par contre, c’est hyper important, car une femme au foyer qui se tape des journées d’inactivité de 14 heures à s’occuper de la maison et des enfants, en comparaison de quelqu’un qui bosse, c’est une vraie feignasse).

Alors, dites-leur que votre vie ne vaut pas que par le nombre d’heures de travail pointées dans une entreprise, que la liberté que vous avez acquise se paie aussi par un certain isolement et fragilité, mais que vous êtes fière et ne regrettez rien, car vous avez pris un risque en tentant le changement et que le courage de le faire, bien qu’étant une certaine forme d’inconscience, tout le monde ne l’a pas. Vous avez vous aussi la force de mener à bien vos projets, de concrétiser votre vision de votre vie, et d’aider vos enfants à le faire.

Et ça, ça vaut bien de temps en temps une margarita au bord de la piscine après une séance de shopping pendant que la bonne s’occupe des enfants !

7.5 La vie D'expat

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2 réflexions sur “La vie imaginaire des femmes expats désorientées

  1. Merci Caroline Pour ce texte tellement vrai. Certes la distance crée ces fausses perceptions mais il y a expats et expats et si certains ont des vies irréelles d’autres arrachent les copeaux et font tout par elles memes. Vous le dites avec vos mots! ils sont pertinents et drôles. Continuez à nous raconter cette “vie d’expat’

    Nous en sommes revenus après 5 ans au Canada et le retour colle à la peau. Notre vie ne sera plus jamais la meme et pourtant que la France est belle. C’est l’exotisme de cette vie d’expat qui nous a transcendé. Une fois ”chez soi”, il faut continuer à s’émerveiller. Avec tout mon soutien pour votre projet. A bientôt Christine Huy

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  2. pour ma part, la vie d’expat vu par les autres tourne au cauchemar: la vie ne peut pas être meilleure qu’auprès d’eux, du coup je dois crier très haut des centaines de fois que je suis heureuse, non je ne rentrerai pas, ca va. Pire encore, ce manque se traduit maintenant en « haine » du pays où je vis… tous les exemples sont bons pour mettre à mal leur culture, manière de vivre, etc. J’apprends la solitude et à ne plus me confier car le simple manque ou petit problème que je traverse devient une montagne et une alerte rouge. je me bats entre l’excitation de cette nouvelle vie qui me plaît de plus en plus (je fais partie de celles qui sont parties pour rejoindre l’amour) et ce boulet bien présent des gens en France qui n’acceptent toujours pas mon départ… j’aurai préféré qu’ils pensent que ma vie est un rêve où mes journées se passent principalement à boire des cocktails au bord de l’eau 😦 Bonne soirée. Adélaïde

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