Ton enfant expat, ce phénomène

Que l’expatriation ait été une expérience nouvelle pour tes enfants et toi, ou que tu sois devenue maman à l’étranger, tu as peut-être remarqué que vous avez tous eu des degrés d’adaptation différents à votre nouvelle vie…

Les enfants, du moins lorsqu’ils sont petits (je n’ai pas encore d’expérience avec des ados !), n’ont pas du tout la même manière que les adultes de gérer ce type de changement drastique. En apparence, alors que tu en baves parfois, taraudée par des questions existentielles et logistiques, eux se fondent dans le décor comme des poissons dans l’eau. Mais il serait une erreur de croire que l’expatriation ne les affecte pas :  même s’ils semblent s’intégrer partout, se lier d’amitié facilement à des enfants dont ils ne parlent pas la langue, et paraissent avoir une notion du temps et de l’espace un peu limitée (rendant du coup l’évaluation des durées et de l’éloignement assez floues, et plus faciles à leur faire avaler), changer de cadre de vie est pour eux tout aussi déroutant. Tu peux donc te retrouver à gérer des angoisses bizarres, sans pour autant faire le lien avec votre déracinement, d’autant plus qu’on te répète à l’envi que « les enfants sont comme des éponges » et qu’ils s’adaptent à tout. Vrai ? Pas forcément ! Les éponges absorbent, certes, mais quand on les presse un peu trop, tout ressort.

De plus, la gestion de leur quotidien peut pour toi être difficile à appréhender, surtout si tes enfants ont une enfance littéralement à mille lieues de celle que tu as eue (et pas en termes de bonheur, mais plutôt de style de vie !).

Ils ont déjà pris l’avion plus de fois à deux ans que tu ne l’avais pris à vingt, doivent apprendre à parler plusieurs langues alors que tu as eu trop de mal à t’exprimer en anglais dans ton premier job, ingurgitent des plats improbables (camembert-simit trempé dans le ketchup pour mes franco-américaines vivant en Turquie !), et peuvent aussi jouir – dans le cas de certaines expatriations – d’un confort et d’une facilité de vie à laquelle tu n’avais jamais eu accès. Il est où, le manuel de gestion d’enfant bilingue, pas impressionné pour deux sous par les anniversaires des copains dans des hôtels de luxe, habitué à sa piscine et à aller au restaurant ? Est-ce que, comme dans la pub pour les rillettes, nous n’avons plus les mêmes valeurs ? Tu as beau leur rappeler que ce n’est pas la vie « normale », élaborer ton propre modèle éducatif dans ce contexte n’est pas toujours simple – tu as bien vu la grand-mère lever un sourcil dubitatif quand ta petite dernière lui a dit qu’elle ne rangerait pas sa chambre car elle n’était pas la bonne (sic. Etranglement de la mère indigne que tu es).

La vie à l’étranger est une opportunité de découverte formidable pour tous. Tes enfants, êtres par nature surprenants, ne manqueront pas de l’enrichir encore davantage par leurs points de vue, leurs péripéties, et leur façon de te faire remarquer que parfois, tu es complètement à la ramasse – parce que eux, la vie d’expat’, ils maîtrisent :

Ice Cream

(Ouais, c’est comme ça, ton accent anglais restera pourri. )

Allez, grosses bises en ce mois de septembre qui se poursuit, sous la chaleur pour nous à Istanbul. Et à très très vite !!

Publicités

Une réflexion sur “Ton enfant expat, ce phénomène

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s